Kerstin Brätsch remporte le Zurich Art Prize

Décerné chaque année par le musée Haus Konstruktiv et la compagnie d’assurance suisse, le Zurich Art Prize couronne Kerstin Brätsch comme sa 20e lauréate. Formée auprès de l’artiste allemand Lothar Baumgarten, Kerstin Brätsch se distingue par une pratique multimédia mêlant peinture, artisanat et art conceptuel, nourrie et développée notamment à travers des collaborations avec artisans et artistes. Également professeure de peinture, elle présentera une exposition personnelle au musée en juin prochain.

 

 

Cuauhtémoc Medina, curateur de la Bienal de Arte Paiz

À l’occasion de la 25e édition de la Bienal de Arte Paiz, qui marque également son 50e anniversaire, la Fundación Paiz nomme Cuauhtémoc Medina commissaire de la plus grande exposition d’art contemporain d’Amérique centrale. Critique et historien, il a été le premier conservateur adjoint des collections d’art latino-américain à la Tate Modern et a dirigé de nombreux événements et institutions à travers le monde. De novembre 2027 à février 2028, la biennale se déroulera à Guatemala City et à Antigua, l’ancienne capitale du pays.

 

 

Les lauréats de la nouvelle bourse de la Serpentine de Londres

Pour continuer à stimuler les synergies entre l’art et les technologies émergentes, les Serpentine Galleries de Londres lancent un nouveau programme de bourses. Grâce à un partenariat de 3 ans avec l’association londonienne Glass Castle, ce programme attribuera à quatre artistes travaillant en lien avec l’intelligence artificielle des bourses d’un montant de 10 000 £. Le premier groupe, qui débutera le programme en septembre, réunit Reina Mun, Alice Bucknell, Alfredo Salazar-Caro et Auriea Harvey.

 

 

Disparition de Geles Cabrera

Le 1er septembre dernier, l’artiste mexicaine Geles Cabrera s’est éteinte, un mois après son 100e anniversaire. Considérée comme la première sculptrice professionnelle du Mexique, elle ouvre la voie aux artistes femmes dès l’âge de 22 ans, avec sa première exposition personnelle. Associée à la « Generación de la Ruptura », elle explore dans son travail les liens entre corps, espace et mouvement, participe à la fondation du Salón de la Plástica Mexicana en 1949 et crée son propre musée à Coyoacán en 1966.

 

 

Mildred Howard remporte le prix de l’Artists’ Legacy Foundation 

Créé en 2007 par l’Artists’ Legacy Foundation, l’Artist Award soutient chaque année la carrière d’un peintre ou un sculpteur à travers une bourse de 25 000 $. L’édition 2026 revient à Mildred Howard, artiste de la Bay Area connue pour ses assemblages multimédias et ses installations, où elle mêle objets du quotidien et récits liés à la mémoire et à l’identité. Lauréate d’une Guggenheim Fellowship en 2025, Mildred Howard fait actuellement l’objet d’une rétrospective au Oakland Museum of California, à découvrir jusqu’au 18 octobre.

 

 

La Galerie Nordenhake inaugure un nouvel espace

Clôturant sa programmation anniversaire 2026, la Galerie Nordenhake célèbre ses 50 ans avec un nouvel espace à Berlin. Situé au 2–3, Goethestraße, au sein d’un bâtiment du XIXe siècle ayant autrefois abrité la Galerie Max Hetzler, l’espace ouvrira ses portes ce 10 septembre, à l’occasion de la Berlin Art Week. Intitulée Symptoms, l’exposition inaugurale réunit les œuvres de 16 artistes qui explorent, à travers différents médiums et approches, les notions de transformation, instabilité et étrangeté.

 

 

Mark Feary nommé curateur de la Biennale d’Adélaïde 

Après avoir clôturé son édition 2026 en juin, la Biennale d’Adélaïde connaît déjà le nom du commissaire de sa prochaine édition : Mark Feary. Actuellement directeur artistique de Gertrude Contemporary à Melbourne, Mark Feary souhaite axer l’édition 2028 autour des enjeux contemporains, en portant un regard à la fois réaliste et optimiste sur un présent incertain. Organisée dans le cadre du Festival d’Adélaïde 2028 à l’Art Gallery of South Australia, la 20e Biennale d’Adélaïde se tiendra du 3 mars au 4 juin.

 

 

Le Palais de Tokyo hors les murs

Le projet de budget 2026 inscrit près de 46 millions d’euros pour la rénovation du Palais de Tokyo, qui fermera dix-huit mois à partir de novembre 2027. Il ne disparaît pas pour autant : un « projet laboratoire hors les murs » réunira une centaine d’artistes dans une vingtaine de lieux du Grand Paris et en régions, de novembre 2027 à février 2028. Le relogement des bureaux, lui, fait débat : l’annexe de la mairie du 14e retenue abrite depuis 2019 La Générale, espace autogéré d’artistes dont le bail expire le 31 décembre.

 

 

Issy Wood à la National Portrait Gallery

Baptisé « Artist Focus », le nouveau programme d’expositions de la National Portrait Gallery de Londres vise à soutenir l’expérimentation autour du portrait contemporain. C’est la plasticienne et musicienne américaine Issy Wood qui signe le premier volet, avec une exposition regroupant douze autoportraits. Réalisées depuis 2020, ces œuvres, dont sept n’ont jamais été exposées auparavant, seront présentées au musée du 9 octobre 2026 au 28 février 2027.

 

 

Paris Photo dévoile sa programmation 2026 

Coup d’envoi des célébrations du bicentenaire de la photographie, la 29e édition de Paris Photo réunira 246 exposants, dont 199 galeries et 48 éditeurs, au Grand Palais du 12 au 15 novembre. À nouveau répartie en 5 secteurs, la foire reçoit cette année 80 nouveaux participants et 1 260 artistes, avec une représentation féminine passant de 20 % à 38 %. Le parcours Elles x Paris Photo a été confié à Aldeide Delgado, tandis que la 3e édition de Voices revient à Zasha Colah et Francesco Zanot, pour un volet autour de la disparition.

 

 

Le palmarès du Praemium Imperiale 

Mardi dernier, la Japan Art Association a révélé les lauréats de la 37e édition du Praemium Imperiale. En peinture, le prix revient à l’artiste américaine Jenny Holzer, lauréate du Lion d’or à la Biennale de Venise en 1990, à qui le musée d’Orsay consacre une grande exposition à partir du 20 octobre. Andy Goldsworthy est distingué en sculpture, Daniel Libeskind en architecture, le chef d’orchestre Herbert Blomstedt en musique et l’actrice australienne Cate Blanchett dans la catégorie Arts vivants et cinéma.

 

Récits en tous genres à Los Angeles

Après près de dix ans de retards et de polémiques, le Lucas Museum of Narrative Art ouvre à Los Angeles. George Lucas et Mellody Hobson y installent une collection de 40 000 pièces qui va du comic strip aux archives de Star Wars jusqu’à un autoportrait de Frida Kahlo, dans un bâtiment d’un milliard de dollars signé MAD Architects. Le pari — tenir ensemble illustration, cinéma et peinture sous la bannière du récit — est aussi ce qui vaut à l’institution ses critiques les plus vives.

Donner sans monument

Le collectionneur grec Dimitris Daskalopoulos offre 51 œuvres contemporaines, majoritairement d’artistes grecs, à quatre institutions : la Pinacothèque nationale d’Athènes, le Momus de Thessalonique, le Musée d’art contemporain de Crète et les National Galleries of Scotland, à Édimbourg. Le geste prolonge la méthode adoptée en 2022, lorsqu’il avait réparti sa collection entre la Tate, le Guggenheim, l’EMST et le MCA de Chicago. Plutôt qu’ériger un musée à son nom, disperser pour faire circuler.

Séoul, la prudence en vitrine

La cinquième édition de Frieze Seoul s’est achevée le 5 septembre sur un bilan contrasté. Thaddaeus Ropac a mené les ventes avec un Adrian Ghenie à 1,1 million d’euros, Kukje a placé un Yoo Youngkuk de 1971 autour de 1,6 million de dollars, Gallery Hyundai un Kim Tschang-yeul à 1,1 million. Mais dans une conjoncture coréenne instable, les galeries ont révisé leurs prix à la baisse et misé sur des signatures plus jeunes. La correction se lit dans les accrochages autant que dans les chiffres.

Dix ans après, les faux devant le juge

Le parquet de Paris demande le renvoi en procès de Giuliano Ruffini, au cœur depuis 2016 d’un scandale international de faux tableaux anciens. Des œuvres attribuées à Cranach, au Parmesan ou à Frans Hals, passées par les plus grandes maisons et collections, avaient été retirées du marché à mesure que les doutes s’accumulaient. L’affaire a durablement entamé la confiance dans l’expertise du marché ancien ; elle trouve enfin une issue judiciaire.

Le design prend la ville

Paris Design Week s’ouvre le 10 septembre pour dix jours : 500 participants, 320 lieux répartis entre le Marais, Saint-Germain-des-Prés, Opéra et Bastille. En son cœur, Maison&Objet tient sa session d’automne du 10 au 14 septembre sous le thème « Pulse in Motion », conçu avec l’agence NellyRodi et incarné par le studio Masquespacio. Reste la question que pose chaque édition : combien, parmi ces 320 adresses, proposent autre chose qu’un showroom augmenté.

Philanthropie de substitution à Harlem

Beyoncé a versé deux millions de dollars au Studio Museum in Harlem à l’occasion de ses 45 ans. Au-delà du geste, le don éclaire une mécanique de fond : le recours croissant des institutions afro-américaines à la philanthropie privée, à mesure que le financement fédéral de la culture se contracte aux États-Unis. Institution de référence pour l’art afro-américain depuis 1968, le Studio Museum en devient l’un des baromètres les plus lisibles.

Vingt ans dans un parking

Bold Tendencies fête ses vingt ans à Peckham, toujours dans les étages d’un parking en béton du sud de Londres. Née d’une initiative bricolée, l’organisation à but non lucratif y programme art, musique et performance, et a fait de ce lieu improbable une adresse durable de la scène londonienne. Une longévité qui interroge : ce qui commence hors circuit y reste rarement, et rarement aussi longtemps.